Pérégrination à travers Vézelay

Vézelay en montant la rue St ÉtienneEn montant la rue Saint Étienne et la rue Saint Pierre qui traversent la ville de bout en bout, de bas en haut, et qui grimpent depuis la place du Champ de Foire où s’arrêtent presque toutes les voitures, je me suis attardée de boutique en boutique, histoire de replonger dans l’atmosphère si particulière de cette ville… D’abord, des pierres et des objets sans age…

Coquille du chemin de CompostelleLa coquille, symbole du pèlerinage du chemin de Compostelle est incrustée dans la chaussée tout le long de la montée. En effet, Vézelay est l’un des plus célèbres points de départ pour le fameux pèlerinage. On appelle cette route là, le chemin de Vézelay.

Autrefois, parmi les pèlerins, il y avait de nombreux compagnons qui, n’étaient pas seulement des artisans mais au fond de grands artistes. Ils allaient sur les chemins de châteaux en cathédrales en construction sous l’impulsion d’une confédération religieuse ou d’un prince. Les tailleurs de pierre laissèrent leur signatures dans chaque pierre qu’ils taillèrent..

Vezelay signature de tailleurs de pierre

Aujourd’hui, de très nombreux artistes se sont installés dans la ville. La basilique répand des ondes qui favorisent probablement la création car, de toute évidence, les artistes se sentent bien. Bien des vitrines offrent aux voyageurs des œuvres souvent très personnelles. Des peintres, des sculpteurs, des potiers, des ferronniers, des photographes sont installés tout le long de la rue qui monte.

Ce matin là, les artistes n’étaient pas encore à l’ouvrage quoique l’antre du potier résonna déjà de bruits sourds.

Les boutiques aussi étaient presque toutes encore fermées à cette heure matinale mais leurs enseignes animaient la rue, toutes fabriquées par des artisans qui ont su conserver le style de cette ville née et pratiquée par les pèlerins depuis plus de mille ans.

Personnellement, j’adore les enseignes qui, même si elle sont récentes, conservent l’esprit du lieux. A Vézelay, il y en a tout le long de la montée et elles sont plus belles ou plus originales les unes que les autres.

 

Tout en cheminant vers le haut du village les cloches de la basilique se sont mises à sonner à toute volée. Arrivés au clocher Saint Pierre qui domine la grande place Borot, on fait une pose. Orphelin de son église détruite début XIX° alors qu’elle avait été construite au milieu du XII°, ce clocher est lourdement posé sur le bas de la place. Les voutes qui devaient s’ouvrir sur les allées de son église perdue sont aujourd’hui complètement obstruées.

 

Galerie de peintureJuste en face de la place Borot, le peintre monsieur Winters est charmant et heureux de parler de sa vie. Il était en train de peindre dans sa vitrine, au milieu de ses œuvres, un peu naïves, un peu pointillistes, presque toutes sur Vezelay dont il est tombé amoureux il y a une quinzaine d’années. Quelques autres sont sur Carmel Californie d’où il vient et où il continue de vivre la moitié de l’année lorsqu’il n’est pas à Vezelay.

Tableau du peintre wintersTableau du peintre wintersTous ses personnages sont de vrais habitants de Vézelay, ses amis, les boutiquiers,  les prêtres, les bonnes sœurs, lui-même et son épouse fondus dans le paysage villageois avec leurs chiens. Chaque tableau est une petite histoire de la ville et de ses habitants qui l’ont adopté.

Depuis, je suis retournée à Vézelay et je pensais le revoir encore. Je suis déçue, il a déserté sa boutique et a du repartir dans sa Californie natale. A la place, un banal magasin de vêtements le remplace, comme dans toutes les rues principales de France.

Dommage…

Je ne monte jamais trop vite. J ‘adore m’arrêter à chaque boutique. Même fermées, une âme s’en dégage. Elles sont petites en général, traversant jusqu’à un jardin qui, à l’arrière, donne sur un paysage vaste et dégagée tombant à pic sur la vallée très en contrebas.

 

 

 

Mille détails attirent mon attention. Cette petite ville s’étire du bas de la colline au sommet où s’est plantée son immense basilique. J’ai un sentiment très fort de continuité entre ce lointain Moyen Age et aujourd’hui. Je m’y intègre dans le silence frais de cette matinée. Il me semble que je fais partie de toutes ces époques et je partage le chemin de milliers de pèlerins qui le parcoururent, le parcourent encore et le parcourront encore longtemps.

Vezelay ardoise devant une maison d'hôteDeux librairies formidables proposent de très nombreux livres sur la ville, le Moyen Age, la spiritualité, l’histoire du chemin de Compostelle, les mystères des forets locales, le récit des amoureux de tout ce qui touche à ces périodes ou à ces lieux.

Chaque fois qu’on vient, on se fait plaisir et on repart avec un livre ou deux, une boite d’encens japonnais si difficile à trouver ou un jeu de carte, un journal… Il y a deux librairie dans cette ville minuscule. Plutôt ésotériques mais très bien achalandées avec aussi de nombreuses figurines féériques, des jeux de cartes de toutes sortes, des encens japonnais de très belle facture, des bols chantant tibétains, et des livres, des livres des livres.

Il y a aussi la fameuse boutique de laines angoras qui échappent à toute industrialisation. La propriétaire élève ses propres chèvres et fait partie  d’un réseau européen d’artisans disséminés un peu partout en Europe et qui coopèrent avec des techniques anciennes et des outils d’autrefois pour élever les chèvres, carder la laine, la teinter et même la tricoter. Chacun son rôle.

Plusieurs restaurants jalonnent la montée et commencent à s’affairer.

Portail de la maison d'hôte CabalusEnfin, avant d’arriver sur la grande esplanade où se trouve la basilique, je m’arrête à une maison d’hôte très originale qui m’appelle, secrète et originale, simple et ouverte à tous ceux qui passent, la maison Cabalus, peut-être la plus typique de Vezelay.

Devant son feu de bois chaleureux, une grande chienne blonde dort et la propriétaire sert des « goustarons » biologiques sur des tables simples, dans une atmosphère hors du temps et loin de tout le stress qui traverse notre siècle. C’est d’ailleurs sans doute ce que j’aime le plus quand je monte cette ruelle, être loin de tout ce qui pollue notre siècle, trop d’images, trop de bruit, trop d’urgences.

Feu de bois chez Cabalus VezelayIci la maison est très ancienne et reste « dans son jus ». Elle a du voir défiler des centaines de générations de pèlerins. Pourtant, elle n’est pas transformée en « attrape-touriste ».

Elle est sereine, sourde, encombrée de trésors rustiques souvent poussiéreux mais je ne sais pas pourquoi, à leur place même s’ils ne servent plus que de décoration, presque oubliés. Bref, on y est bien. C’est évident, nous y serons tous bien accueillis, que nos chaussures soit crottées, trempées ou cirées, que nous ayons besoin de discuter ou de nous reposer, que nous nous y arrêtions pour la première fois comme pour la dixième.

vezelay-decouverte-de-la-basilique-en-haut-de-la-rue-qui-monte

Voilà, nous arrivons tout en haut de la colline.

Nous débouchons sur l’esplanade qui se trouve devant la basilique Notre Dame Marie Madeleine de Vezelay.

 

 

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