Pérégrination printanière vers le village de Vézelay

Basilique de VézelayVézelay… Difficile de parler de Vézelay sans commencer par sa basilique, construite au Moyen Age, si belle, si prenante, si célèbre. C’est vrai qu’elle est l’âme du village. Tout y conduit.

 Chacun vient à Vézelay pour elle. Moi aussi mais pas seulement.

Il y a bien longtemps, petite fille, dans la nuit, juchés sur une des terrasses du rocher sur lequel la basilique est plantée, j’avais assisté à un spectacle de sons et lumières qui recréait l’arrivée des armées Normandes dans la vallée il y a mille ans et qui brulèrent le petit village de St Père. Ce qui contraint par la suite les moines à reconstruire leur basilique en un lieu plus sûr, sur la colline de Vezelay.

Puis dans la nuit noire, nous avions entendu le vacarme assourdissant du regroupement de centaines de personnes de toutes origines et de toutes provenances qui marchaient sur les chemins alentour pour monter à Vézelay à l’appel de Bernard de Clairvaux pour partir pour la deuxième croisade. J’avais été impressionnée par le bruit effarant des cavaleries et des marcheurs qui approchaient, impressionnée par les lumières des torches qui venaient de loin de tous côté et qui approchaient du bas dans la vallée. J’ai gardé un souvenir impérissable de ce plongeon en Moyen-Age.

S’il est vrai qu’aujourd’hui la route et la voiture nous permettent d’approcher à toute vitesse, à l’époque, quand la dévotion mettait les chrétiens en marche vers Marie-Madeleine, sainte patronne de Vézelay, on approchait lentement, à la vitesse de la marche. À l’époque, les tailleurs de pierre, les vitriers faiseurs de vitrail, les charpentiers, les ferronniers, les hommes d’église se succédaient sur le chemin vers Vézelay pour y accomplir leur œuvre monumentale qui, depuis presque mille ans trône tout au sommet de la colline.

La basilique a beau avoir vécu de nombreux évènements destructeurs, religieux et guerriers comme plusieurs incendies, de très nombreuses luttes religieuses, humaines ou politiques, un abandon presque total du XVI° au XIX° siècle, elle est restée l’une des basiliques qui comptent en France. Elle est maintenant redevenue, après sa restauration, la grande dame qu’elle fut au Moyen Age. Étape importante sur le Chemin de Compostelle qui, lui aussi, est à nouveau très pratiqué, elle a recommencé à distribuer alentour sa puissance architecturale et spirituelle.

Lorsqu’elle est enfin à portée de vue, je m’arrête. Je prends le temps de respirer l’énergie de ceux qui marchaient pas à pas et l’apercevaient depuis le même point de vue il y a cent, cinq cent, presque mille ans bientôt. Pour avoir moi-même marché un peu avec un but lointain, je me dis qu’arrivés là, il devaient commencer à sentir le poids du fardeau qu’ils avaient sur le dos. Ces derniers kilomètres devaient être les plus longs du parcours.

Puis ses deux tours carrées sortent de la brume et dominent tout le village qui grimpe le long du chemin qui y mène. Elle est imposante, vivante et pour peu qu’à cet instant ses cloches se mettent à sonner, elle nous appelle.

Je vous conseille de faire un détour par le petite village de Blannay qui réserve une surprise relativement unique.

A l’Est d’Avallon et au Nord de Vezelay se trouve ce petit village au croisement de la D 606 et la D951.

Dans le haut du village de Blannay, se trouve un arbre multi centenaire, un vieillard digne et fort, un grand sage ridé et puissant. Assieds toi quelques instants à son pied, sur les bras que t’offrent ses racines et tu sentiras son souffle lent et réfléchi. Tu sentiras aussi sans doute le sourire intérieur des centaines de pèlerins qui durent s’y reposer au cours des siècles depuis qu’il offre son ombre aux voyageurs.

Regarde le ciel derrière ses branches principales qui ressemblent à des bras solidement dressés vers le ciel et d’où partent des milliers de petites branches qui doivent se charger de feuilles dès le printemps.

C’est un tilleul qui fait partie de nos arbres remarquables puisqu’il fut planté en 1598. J’ai vite compris qu’il a beaucoup à nous apprendre et j’imagine le bavardage du bruissement de ses feuilles dès la renaissance du printemps, chaque année à nouveau, un peu plus sage, un peu plus fort, un peu plus ridé.

Son écorce est dense, épaisse, rugueuse et le protège tout en témoignant de sa longévité.

De tous âge le tilleul a été vénéré et considéré comme le symbole de l’amitié et de la fidélité. Il représente aussi bien la force virile du mâle que l’intuition de la femme.

Mais le principal restera sa grandiose beauté dénudée, que j’ai découverte en plein hiver et la douce chaleur qu’il m’a envoyée et qui m’a réchauffée dans le froid que je ne sentais plus. J’ai résisté, je n’ai pas pleuré, pourtant il m’a touchée.

Cette fois-là nous sommes arrivés à Vézelay alors que les grappes de glycine commençaient à peine à éclore. La lumière était belle, claire, fraîche.

Garés en bas de Vezelay, Place du Champ de Foire, nous allons monter les deux rues qui traversent tout le village et qui montent jusqu’à l’esplanade qui s’étend devant la basilique Sainte Marie Madeleine.

Visite du village

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