On m’appelle Maïtou…

Maitou OléonJe ne sais pas ce qui me pousse sur les routes, mais j’aime bourlinguer, rouler et découvrir, m’arrêter et discuter, boire un café à l’ombre d’un tilleul ou m’assoir sous un platane pour laisser mon regard se perdre dans les montagnes alentour. Je suis attirée par les petits villages cachés qui offrent si souvent des trésors.

En France notre histoire commence il y a si longtemps que je n’ai de cesse de découvrir les strates qui ont fait notre pays. Chaque lieu a une histoire et des histoires. Et curieusement, contrairement à ce qu’on peut imaginer, les gens qui y habitent en gardent la mémoire. On leur a raconté, ils ont entendu, ils savent que mille ans plus tôt, que cinq mille ans plus tôt, qu’il y a bien longtemps que leur propre histoire se construit sur un versant abrupte ou au fond d’une vallée, en ce bord de mer battu par les vents ou sur cet alpage enneigé. Bref, mon pays est magnifique et varié. Il a été traversé par tant de civilisations diverses qui ont chacune laissé leur empreinte les unes après les autres et  leurs traces me passionnent.

girouette-doree-cosne-sur-loireJ’avoue avoir quelques coups de cœur, comme lorsque je m’approche des mégalithes, ou quand j’entre dans l’histoire des petites chapelles du Moyen Age, ou quand je grimpe vers les villages accrochés à flan de montagne ou les châteaux forts qui gardèrent les cours d’eaux et les vallées.

Mais aussi, pour ce qui concerne notre temps, je suis souvent fascinée par le travail des artisans qui ont conservé, parfois retrouvé, et continuent à mettre en œuvre les savoirs faire d’autrefois avec de vrais matériaux naturels.

Nartex de la basilique de VézelayCe qui me fascine plus que tout, c’est que tout ça nous est parvenu de si loin dans le temps. En plus, il s’agit de tant de réalisations formidables vu les techniques de l’époque et toujours d’une beauté extraordinaire. C’est tout le savoir des constructeurs, souvent oublié de nos jours, ces connaissances sur les énergies de la terre et du soleil qu’ils ont su capter et utiliser avec cette foi indéfectible qui les animaient, tant pour construire leurs lieux de culte que pour forger les paysages et les villes.

Le monde au Moyen Age
Le monde au Moyen Age – Edt Ouest France

Hommes du Néolithique, Celtes, Normands, Vikings, Hongrois, Sarrasins, Slaves, Vandales, Musulmans, Francs, Ostrogoths, Germains, Bretons… j’en passe bien d’autres, ils ont tous laissé leurs traces, leurs gènes, des bribes de leurs langues usuelles, leurs croyances au fond d’un bois, au détour d’un chemin, au creux d’une crypte, dans une échoppe de ferronnier, au creux d’une plaine avec les graines d’une plante qui servit ensuite à teindre nos draps pendant mille ans.

Constructeurs de cathédrale
© Bibliothèque nationale

Les constructeurs d’églises et de cathédrales, les compagnons qui parcoururent notre pays en long, en large et bien plus encore, jusqu’en Germanie, ou au Sud des Pyrénées, à l’Est des Alpes, partout, ils allaient œuvrer, c’est à dire mettre en œuvre leur savoir faire technique mais aussi mystique, historique, légendaire, humoristique. Toujours plus haut, toujours plus beau mais toujours avec ce savoir faire et avec toute la connaissances de ces énergies de la terre, savoir qu’ils avaient hérité de leurs anciens, de leurs maîtres. Et ces maîtres l’avaient eux-mêmes reçus de fort longues lignées de connaisseurs qui remontaient à la nuit des temps et qu’ils amélioraient au cours des siècles, qu’ils élargissaient au gré de leurs expériences, de leurs rencontres, des difficultés inattendues qu’ils rencontraient en chaque nouveau lieu à construire.

FamilleJ’ai maintenant dix petits enfants (désolée, sur la photo il n’y en a que cinq). Je rêve de pouvoir leur passer un jour cet amour de l’histoire de notre pays, de notre continent, de notre terre. Alors ils sauront peut-être en sauvegarder l’important, quitte à se passer de l’inutile. C’est un apprentissage qu’il faut faire jeune car si on ne le porte pas en soi, il faut ensuite attendre de longues années pour avoir envie de le redécouvrir.

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