Qui suis je…

Maitou et sa petite soeur

Je n’avais même pas deux ans quand ma petite sœur est enfin arrivée dans ma vie. Elle y a tenu beaucoup de place jusqu’au jour de mon premier mariage. Je n’avais alors que 19 ans et, ce jour là, elle a annoncé à mon père qu’elle partait étudier en Allemagne avec son nouvel amoureux. Comme moi je partais en Amérique à l’université de UCLA… on a vécu dès lors une fratrie éloignée mais indéfectible.

En fait on a tellement joué, tellement ri et tellement partagé, toujours compté l’une sur l’autre, que depuis qu’un cancer l’a emporté en 1998, j’avoue que du fond de mon cœur j’ai eu envie de lui parler chaque jour que Dieu fait.

mes-parents-en-1966-en-sicileNos parents, formidables mais très sévères, ne nous ont pourtant pas empêché de faire les quatre cent coups et de belles rebellions qu’ils ont toujours choisi de prendre avec philosophie, distance et respect.

Maman adorait l’histoire et en particulier le Moyen Age et les peintures du « quattocento ». Elle m’a communiqué sa passion que j’avais pratiquement complètement étouffée avant qu’elle ne me revienne, assez tard. Depuis j’y replonge avec engouement, et j’ai l’impression que je n’aurais jamais du l’abandonner.

Mon père, lui, médecin et créateur de produits de beauté, m’a offert une dizaine d’années de travail à ses côtés qui m’ont donné le bonheur de vivre avec lui une aventure commerciale passionnante. Il organisait aussi des expos par amour pour la peinture moderne dont il m’a passé le gout. Il peignait lui-même chaque été lors de nos longs séjours à Gap dans notre maison familiale. Car nos étés se partageaient entre Gap, les ballades dans les torrents de montagne et la terre sèche, la Haute Provence et Nice. Le soleil, les cuisines du Sud, la montagne et la mer. Pas mal quand même…

moi-meme-en-1968Le grand tournant, c’est mai 68.

On peut en penser ce qu’on veut, ce fut vraiment le grand chambardement, dans la ville et dans ma vie. Vive la liberté!

Ce furent les grandes batailles pour l’égalité et l’indépendance des femmes, les manifs pour les libertés ou contre la guerre, le renouveau des relations entre les générations et d’une façon générale, pour moi, le grand tournant de mes 20 ans, mon premier voyage aux États-Unis, la découverte des déserts  Amérindiens et des grands espaces qui sont restés, avec les paysages de Haute Provence de mon enfance, les plus beaux souvenirs avant la découverte des plages du Pacifique.

UCLA, tournage d'un projet dans les collines derrière Los AngelesFinalement, départ pour Los Angeles avec mon mari, tous les deux vers la somptueuse Université UCLA. Ces années là bas sont passées comme un rêve.

Entre les études de cinéma, la rencontre avec tous les conférenciers illustres, la découverte de cette vie au soleil de ce pays de liberté, l’atmosphère électrique et cool à la fois des luttes universitaires, pour l’égalité des femmes, pour l’égalité des noirs du temps des black panthers , contre la guerre au Vietnam… Le campus ressemblait à une grande révolution locale sur fond d’études intenses et de travail. Nous, on adorait ça avec notre maison de bois à Santa Monica, avec notre potager derrière et l’océan à 14 rues de chez nous, bref, le tableau était complet. Voyages du Nord au Sud de la Californie, jusqu’en Utah ou au Mexique, San Francisco et les forets immenses et les arbres gigantesques, les déserts, les plages infinies…

Maitou avec LolaPuis au retour en France, le premier bébé. Une vraiment jolie fille nommée Lola selon le souhait de son papa avec qui j’ai continué à travailler dans le cinéma pendant une bonne dizaine d’années. Deux autres adorables jumelles, Sarah et Judith, on complété ce tableau quand même pas mal idyllique. Et ce ne sera pas fini… Car un deuxième mariage m’a donné une quatrième fille, Élodie, une brunette, fine et joyeuse, belle belle belle.

MaitouJ’ai continué à travailler dans le cinéma jusqu’au jour où…

… J’ai joué les femmes d’affaires!

 Honnêtement ce n’est pas mon truc.

 Maitou au laboratoire OléonPourtant ça a duré pas mal. Trop, tout simplement trop! Mais Dieu merci, j’ai fini par abandonner et retourner au cinéma quelques années, jusqu’à ma retraite, dans une maison de production qui fait des documentaires et où je me suis vraiment bien plu.

A l’age de la retraite, quand le TaiChi nous permet d’éviter tous les petits bobos et de rester bien en forme, il faut s’autoriser à vivre ce qui nous plait. Aussi me voilà…

2013-mes-4-filles-1990-mes-trois-chiens-moi-maintenant-en-vadrouilleAujourd’hui, mes filles sont grandes, les chiens et les chats sont partis au paradis des chiens et des chats et je suis libre d’aller où bon me semble avec mon compagnon.

lola-et-sa-fille-les-4-enfants-de-sarah-avec-leur-papa-camilo-judith-et-leurs-trois-enfants-elodie-et-son-filsLes filles ont maintenant de très belles et grandes familles. Peut-être pourrais-je passer mes rêves à certains de mes petits enfants. Peut-être même, pourrais-je en emmener certains sur les chemins mystérieux de nos contes et légendes, de nos savoirs ancestraux et de nos bonheurs simples.

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